Palais de justice : La crise ivoirienne en est la cause
Alassane, poursuivi pour abus de confiance sur des herbicides n’a pas comparu à l’audience du mardi dernier. Seule sa victime y était. Mais il a été relaxé au bénéfice du doute et les dépens ont été mis à la charge du Trésor public. Courant 2011, lui (Alassane) et sa victime entraient en relation d’affaires. Et tout se passait bien comme ils le souhaitaient tous deux. Alassane venait alors chercher des herbicides avec son partenaire à Bobo pour les revendre dans les villages environnants. Après les achats, il lui restitue ce qui en principe, doit lui revenir et empoche le reste. Ils auraient donc travaillé ainsi pendant des années. Leur relation d’affaires va se détériorer en 2011, lorsqu’Alassane n’a pas pu revendre tous les herbicides d’une valeur de 935 000 FCFA. « Ce que j’ai pu vendre s’élève à 200 000 FCFA que je lui ai restitué », a déclaré le prévenu dans le procès-verbal. Le reste, il a promis de le lui remettre après que tout sera vendu. Parce que, a-t-il poursuivi dans le PV : « La crise ivoirienne a pesé financièrement sur les affaires », avant de promettre rembourser lorsque tout serait rétabli. Mais, selon le procureur, l’abus de confiance n’est pas constitué parce que le contrat qui les liait est un contrat d’achat à crédit. Les deux parties en étaient bien conscientes. Pour dire qu’Alassane pouvait vendre les herbicides à perte. Et serait obligé de rembourser. L’infraction n’étant donc pas constituée, il a requis la relaxe du prévenu bien qu’absent à l’audience. Le tribunal a suivi la requête du parquet.
« C’est le receleur qui fait le voleur »
Ali a reconnu son acte de recel de faux carburant depuis l’enquête préliminaire jusqu’à sa comparution devant les juges. En effet, le carburant lui était livré par Arouna et Amidou qui lui ont fait croire qu’ils sont des « chiffondeurs ». Naïf et illettré selon le parquet, Ali ne s’est pas rendu compte qu’il avait affaire à des délinquants. Il achetait donc à vil prix le carburant avec ces fautifs. Interpellé pour ces faits, il n’a pas nié son acte. Toujours est-il que les faits sont établis, mais Ali est un délinquant primaire. Mais il est important de l’avis du procureur, de situer la dangerosité de l’acte. Parce que, a-t-il dit : « C’est le receleur qui fait le voleur ». D’où la peine de 4 mois fermes et une amende de 300 000 FCFA. Le tribunal l’a aussi condamné à 6 mois de prison avec sursis.
Rassemblés par Bassératou KINDO





