Vision de L’Express sur… : Les Etalons à la CAN 2012
Les éditions de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) se succèdent et se ressemblent pour les Etalons du Burkina. En huit participations, notre équipe nationale n’a pas fait mieux sauf en 1998 à domicile où Seydou Traoré et ses camarades avaient réussi a disputer les demi-finales. Mais depuis lors, plus rien. Les Burkinabè scrutent l’horizon et attendent encore une autre prouesse de leur équipe nationale en dehors de leur base. Mais l’attente se prolonge, indéfiniment. L’on avait cru que cette année serait la bonne. Mais notre équipe nationale vient de prouver encore une fois qu’elle est toujours au stade d’apprentissage. Chaque qualification des Etalons à une CAN est saluée à sa juste valeur par le peuple et on se dit : « cette fois sera la bonne ». Mais après le premier match, il faut revenir sur terre, il faut déchanter. Le Burkina est certainement le seul pays à faire un parcours sans faute pendant les éliminatoires avec à la clé souvent, le titre de meilleur buteur ou de meilleure défense, mais à ne rien faire pendant la phase finale. Le gouvernement consent beaucoup de moyens pour leur préparation, mais rien n’y fit. Le président du Faso est victime de sa passion et le peuple avec lui. A cette 28e CAN, le président du Faso n’a pas lésiné sur les moyens. Le gouvernement burkinabè a consenti plus de deux milliards de francs CFA pour la préparation de l’équipe et les primes de matchs. Les Etalons ont été mis dans les conditions idoines de préparation avec seulement pour objectif, de passer le premier tour. Le ministère des Sports et des Loisirs a ratissé large en envoyant à Malabo le plus grand nombre de journalistes et de supporters. Mais il n’y a rien à faire. Les Etalons continuent d’apprendre les B-A-BA du football de haut niveau, les exigences de la haute compétition. Car, il ne suffit plus de faire un bon parcours en éliminatoires et avoir un bon classement FIFA ou CAF pour dire qu’on est bon. Le président du Faso doit, aujourd’hui, ruminer sa peine. Peine de ne pas voir ce beau groupe gâcher ses chances, peine de voir une équipe qui a fait un aussi beau parcours, ne pas franchir le premier tour de la compétition. Blaise Compaoré doit de poser des questions et la première est sans conteste : que faire ? Cette question, le peuple se la pose aussi. Certains Burkinabè sont même arrivés à ne plus se poser de question. Déçus à plusieurs reprises, ils sont devenus amnésiques. La prestation de l’équipe nationale ne leur fait ni chaud ni froid. Cette élimination prématurée des Etalons soulève encore des débats et c’est coutumier des Burkinabè. Chacun est entraîneur et connaisseur du football dans son coin. Chacun donne des recettes miracles.
Mais tout cela est à mettre au crédit de la déception, car quoi qu’on dise, les Etalons n’ont pas été si ridicules. C’est un jeune groupe qui a davantage besoin d’être mis en confiance. Il n’est pas suffisamment combatif et manque d’agressivité. Le Mena du Niger nous a prouvé qu’on peut ne pas être bon, mais avec une bonne dose d’agressivité et de combativité, on peut titiller les grands. Je pense humblement que les Etalons ne sont pas mauvais. Au contraire, ils ont montré de bonnes dispositions surtout face aux Eléphants de Côte d’Ivoire et cela devra continuer avec d’autres jeunes qu’il faut appeler à la rescousse. Je pense notamment à ce groupe qui a participé au Mondial des cadets en 2009 au Nigeria. Ce groupe, encadré par des garçons comme Alain Traoré, Pitrpoipa, Bakary Koné, etc, peut nous valoir des satisfactions. La CAN 2013, c’est dans moins d’un mois. Ce n’est pas le moment de se divertir. Il faut remotiver la troupe pour la conquête du ticket qualificatif. Un ticket qui ne sera pas facile à décrocher, car la qualification pour l’Afrique du Sud 2013 se jouera sur un match en aller-retour.
En attendant, les Etalons sont concentrés sur leur dernier match de cette CAN 2012. Ils affrontent dans quelques heures le Soudan à Bata. C’est certainement l’occasion pour le groupe de Paolo Duarté d’avoir un sursaut d’orgueil et nous ramener une victoire, la victoire du pardon. Mais là encore, ce n’est pas gagné d’avance.
Ibrahim BAYILI





