Où sont-ils ces mouvanciers et ces associations ?
Ils ont été les premiers à demander à Blaise Compaoré de déposer sa candidature à l'élection présidentielle de novembre dernier. D'ailleurs il en a toujours été ainsi. Ils sont toujours les premiers à dire que le Burkina Faso n'a pas de pétrole, mais a Blaise Compaoré. Ils sont encore les premiers à soutenir, à chaque fois que cela semble corsé, que Blaise Compaoré peut et doit se présenter à l'élection présidentielle. Ils l'ont bien fait en 2005 lorsque la rétroactivité de l'article 37 de la Constitution était sur toutes les lèvres dans les milieux politiques. Ils ont encore été les premiers à soutenir il y a de cela quelques temps que la révision de l'article 37 ne se discute pas. Et ils sont prêts à ajouter que tant que c'est Blaise Compaoré qui doit se présenter et remporter l'élection, il n'y a pas de problème. Bref, ils sont prêts à tout, quand c'est Blaise Compaoré. Eux, ce sont les partis politiques de la mouvance, des associations et d'autres partis qui soutiennent Blaise Compaoré. Quand il s'agit d'une élection présidentielle. En fait, il faut plutôt dire que quand il s'agit de leurs intérêts.
En effet, depuis que la crise a éclaté à Koudougou, depuis que les militaires ont commencé à s’agiter dans les villes, depuis que la police est sortie à son tour pour manifester son mécontentement, ils se sont tous terrés. Comme des rats. Laissant Blaise Compaoré et son parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès, se démener tout seul contre toutes ces forces coalisées dont certaines ne demandaient que l'amélioration de leurs conditions de vie tandis que d'autres, les irréductibles demandaient et exigeaient même la démission de leur champion, Blaise Compaoré. Tant mieux si ce mutisme est une consigne. Ce qui est très peu probable dans la mesure où le parti au pouvoir lui-même ne ferme pas la bouche. Alain Yoda, le porte-parole n'a-t-il pas dénoncé ces derniers temps « l'inacceptable exigence » de la démission de Blaise Compaoré par l'opposition ? Rien qu'hier, une déclaration a été pondue et publiée dans les colonnes de journaux pour dire que le parti de Roch Marc Christian Kaboré se préoccupe de la situation des Burkinabé, mais en même temps, il reste ferme sur le respect des fondements de la République.
Revenons à ces partis satellites ou saprophytes pour certains qui ne savent lever le petit doigt que lorsqu'il s'agit de leurs intérêts. C'est le cas par exemple du parti de l'Eléphant qui depuis 2005 squatte le gouvernement et n'est pas en mesure de dire quoi que ce soit par rapport à la crise. En tout cas à notre connaissance. C'est encore le cas de cette cohorte de partis (vous avez dit 34 ?) qui, semble-t-il ont soutenu la candidature de Blaise Compaoré à la dernière élection présidentielle et qui, pour cela comptent des représentants au sein du gouvernement. Il en est également de toutes ces associations dont la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré qui ont rangé micros, fanions et autres objets de propagande comme si rien ne se passe actuellement au Burkina.
Désormais, Blaise Compaoré doit comprendre quels sont les partis politiques, les associations qui le soutiennent effectivement. Il ne sert à rien de l'aider à être élu pour ensuite l'abandonner quand il a des problèmes. On pourrait même dire que l'opposition dans son rôle actuel joue plus le jeu de la démocratie que tous ces partis qui ne pensent qu'à la sortie de crise. Pourvu que leurs maroquins soient sauvegardés. Et voilà comment se pratique la démocratie au pays des Hommes intègres.
Dabaoué Audrianne KANI






