Quelle mouche a pu piquer ces éléments de la police ?
Tout le monde ou presque saluait la retenue dont ils ont su faire montre jusqu'à mercredi peu avant 20 heures. Ils, c'est la police dans son ensemble. Mais depuis qu'elle est entrée dans la malheureuse spirale des coups de feu en l'air, tout le monde a reconsidéré sa position. Et s'est immédiatement questionné pour savoir quelle mouche a bien pu piquer notre police dans son ensemble.
Car, en réalité et tout le monde le sait, la police est la malaimée de tous les corps habillés. Malheureusement cette situation n'est pas propre au Burkina. Partout dans le monde, que ce soit avec les pouvoirs publics ou avec les populations, la police a toujours des problèmes. Les pouvoirs publics ne lui donnent pas les moyens adéquats pour accomplir ses missions. Et pourtant, c'est elle qu'on a le plus souvent à portée de main pour assurer tous les petits boulots liés à la sécurité. Qu’elle concerne des personnalités ou leurs domiciles. C'est encore elle qui court derrière les bandits après le maintien de l'ordre dans les cérémonies. A la décharge des pouvoirs publics burkinabé, on peut dire qu'ils ont assez fait ces dernières années pour notre police nationale. Au moment où Djibril Bassolet assurait le département de la sécurité. Mais comme dit un peu plus haut, elle manque toujours de moyens. Est-ce alors pour cela qu'elle connaît le plus de bavures ?
Peut-être qu'à ce niveau, il faut aller voir du côté de la formation. Car, tout porte à croire que leur formation, à un moment donné, a ressemblé à celle des instituteurs qu'on recrutait juste pour trois mois de cours et quelques mois dans des classes comme stagiaires. Et hop, on les envoie encadrer (maladroitement) nos enfants. Ainsi le taux de réussite et le niveau de l'éducation en ont pris un sérieux coup. Qu'on a jusqu'à présent du mal à rattraper.
On comprend alors pourquoi les policiers eux aussi ont des problèmes avec les populations sur le terrain. Partout, ils sont considérés comme des sous hommes de tenue. Quand on parle de policier, c'est à peine si certaines personnes ne voudraient pas qu'on les envoie carrément en enfer. Malheureusement, de leur côté, les policiers ne font rien, ou très peu de choses pour améliorer cette image négative qui leur colle aux fesses. Et voilà qu'on revient à la crise que nous vivons actuellement au Faso.
Si les éléments de la police qui ont tiré des coups de feu en l'air étaient bien inspirés, ils ne l'aurait pas fait. Parce que, malheureusement une fois de plus, la spirale de manifestations que vit le pays vient d'un fait divers qu'elle aurait pu gérer tranquillement depuis Koudougou. Ce qui nous aurait épargnés de toutes ces difficultés que nous vivons à tous les niveaux. Si malgré tout, au moment où tout le monde travaillait à redorer son image, à la recrédibiliser auprès des pouvoirs publics et de l'opinion, elle vient elle-même verser « sa figure à terre » comme on dit, il n'y a rien à dire.
Ce n'est pas parce que les autres ont tiré en l'air pour réclamer des droits qu'il faut également les imiter. L'adage ne nous apprend-il pas que lorsqu'on est obligé de copier, il faut copier au moins ce qui est bien. Par ses mouvements, la police vient de nous montrer qu'il ne fallait pas l'attendre où on croyait. Dans tous les cas, tout dépendra toujours d'elle. Car, quoi qu'on dise, on est ensemble, on se côtoie tous les jours et cela va se poursuivre. Mais dans quelles conditions ? La police vient de salir davantage son image qui n'était pas déjà propre. Souhaitons tout simplement que les éléments se ressaisissent et que la tension redescende pour qu'on se parle. Ce n'est pas plus que cela.
Dabaoué Audrianne KANI






