Autant le dire… : Ce football-là ne nous nourrit pas
On nous a promis ici au Burkina Faso du football champagne. Tout le monde a rêvé. Au finish, nous avons eu droit à du football moins que du « football frelaté ». On ne s’est pas pour autant frustré. Car, on a encore cru que tout était possible. Puis, on s’est tous réengagé. Malheureusement, au fur et à mesure qu’on y croit, le football burkinabè plonge dans l’eau. De plus en plus profondément. Et à chaque fois, on a trouvé des boucs émissaires. Trêve de distraction. Les premiers ennemis du football burkinabè, ce sont les acteurs eux-mêmes. Pour être plus clair, il s’agit de tous ceux qui mangent dedans. Des dirigeants de clubs, en passant par les présidents de ligues pour arriver à la Fédération et pourquoi pas au ministère.
Dans les clubs. Ils sont tous de petits copains de longues dates et qui s’entendent pour « bouffer » dans les clubs. Que celui qui ne croit pas regarde un tout petit peu dans les clubs, leurs organisations, et ceux qui les dirigent. Ils comprendront pourquoi ça ne marche pas. Ils comprendront également pourquoi les sponsors ne se bousculent pas devant les portes des clubs qui devraient en réalité porter leur image. De l’Association sportive des fonctionnaires de Bobo, à l’Association sportive du Faso Yennenga en passant par l’Union sportive des forces armées, le Racing club de Bobo, l’Union sportive de Ouaga ou encore le Rail club du Kadiogo ou Bobo Sports et le Maya football club, ce sont tous des bandes de copains qui se retrouvent non pas pour faire forcément avancer le football, mais surtout pour faire avancer leurs propres affaires. Des anciens dirigeants de clubs qui sont arrivés par simple volonté et amour du football pour faire avancer les choses en diront davantage. Ce n’est donc un secret pour personne. Le football est devenu un milieu d’affaires et quand on veut y aller par vocation ou par amour, vaut mieux s’abstenir. Dommage !!!
Quand on quitte les clubs pour arriver à la Fédération, on retrouve malheureusement les mêmes comportements. Normal, puisque ce sont ceux qui sont à la base qui font monter certains d’entre eux pour mieux en profiter. N’est-ce pas un peu ce que le colonel Sita Sangaré, premier candidat déclaré à la présidence de la Fédération a expliqué en disant qu’il vient du milieu des dirigeants des ligues et qu’ensemble, ils pourront changer les choses ? Il en sait bien quelque chose. En clair, rien ne lui est étranger. Car ce sont les dirigeants des ligues qui façonnent notre football. A leur guise. On veut bien croire à ses bonnes intentions, à sa sincérité et au langage de vérité qu’il tient. Mais est-ce véritablement ce langage qu’on parle dans le milieu du football ?
Tous les présidents qui sont passés à la Fédération burkinabè de football sont plus ou moins partis avant la fin de leur mandat. Si on ne les a pas contraints ou démis. De Boureima Badini à Zembemdé Théodore Sawadogo en passant par Seydou Diakité, Honoré Nabéré Traoré pour les plus récents, chacun en a eu pour son compte. Il est évident que le milieu du football, c’est la passion. Mais, à dire vrai, il n’est pas plus passionné et passionnant que tous les autres milieux.
Tous les entraîneurs qui se sont succédé à la tête des Etalons sont repartis chacun avec au moins un regret. Philippe Troussier qui devrait être le seul à retenir quelque chose de merveilleux a vu tous ses efforts tomber à l’eau en demi-finale de la coupe d’Afrique en 1998, ici même chez nous. Inoubliable, non ? Quid des supporters qui ne manquent aucune occasion pour se rentrer dedans ? Même si, actuellement, on veut nous faire croire que la tension est redescendue.
Voilà un joueur convoqué à l’équipe nationale de football pour disputer une compétition continentale, et qui après déclare qu’il avait au cours de la compétition plus la tête vers son club plutôt que la défense des couleurs nationales. Il n’a sans doute pas tort puisqu’il sait exactement ce qui se passe dans la maison.
Les ministres, c’est une volonté politique. Chacun est arrivé pour mettre en place une politique. Malheureusement, les mêmes choses produisant les mêmes effets, la dérive est vite arrivée. D’où les tâtonnements et les copinages qu’on a souvent observés par-ci par-là.
A l’analyse, le football burkinabè a besoin qu’on le dépassionne. Il faut revenir à la raison. Ce n’est pas parce que le président du Faso est un féru du football qu’il faut en profiter. Même, nous les journalistes, nous avons notre part de responsabilité dans tout ce qui se passe aujourd’hui. N’est-il pas temps de tout refondre pour donner un nouveau coup d’envoi ?
D’ailleurs, le foot n’est pas la seule discipline sportive qui rapporte des médailles. Nos cyclistes sont rentrés par exemple tout triomphants du tour cycliste de la CEDEAO. Qui dit mieux ?
Dabaoué Audrianne KANI






