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vAutant le dire… : Concours professionnels : faut-il « couper le bébé » en deux ?

Les principales organisations syndicales de l’éducation de base au Burkina Faso ont signé un accord avec les ministres de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale et de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, le 16 février 2012, lors d’une rencontre avec les représentants des syndicats de l’Education nationale et de l’Alphabétisation.

Ainsi, Bonaventure B. Séguéda du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation de base (SATEB), Tahirou Traoré du Syndicat national des travailleurs de l’éducation de base (SYNATEB), Séma Blégné du Syndicat national des enseignants africains du Burkina (SNEAB), Boubakar Zida du Syndicat national des encadreurs pédagogiques (SNEP) et Pascal Dabal de la Fédération des syndicats de l’éducation de base (FESEB) ont apposé leurs signatures pour convenir avec le gouvernement de la « reconduction des mesures transitoires du décret n°2006-377/PRES/PM/MFPRE/MEBA/MFB du 4 août 2006 portant organisation des emplois spécifiques du ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation ».

En effet, ce décret qui organisait les emplois spécifiques au ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, était arrivé à expiration le 4 août 2011. Ce qui mettait fin à la possibilité pour certains enseignants de postuler à certains concours professionnels qui ne relevaient pas forcément de leur carrière. Tels que ceux de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM). De même, des enseignants titulaires du Bac ou de la licence et plus, ne devraient plus pouvoir postuler à certains concours professionnels juste parce qu’ils sont titulaires de ces diplômes-là alors qu’ils n’ont pas suivi tout le cursus nécessaire. En clair, un Instituteur principal titulaire du Bac pouvait directement postuler au concours professionnel des inspecteurs alors qu’en réalité, ce sont les conseillers pédagogiques qui sont autorisés à postuler à ce concours-là. Ce qui réduisait les chances de ceux qui y avaient réellement droit. C’est donc tout à fait normal qu’ils revendiquent la fin d’une telle mesure, alors que ceux qui en profitaient veulent son maintien.

C’est justement face à une telle situation que le gouvernement a décidé de la reconduction de mesures transitoires en attendant l’élaboration d’un statut particulier des personnels de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, pour mettre un peu d’ordre. En clair, il ne devrait plus avoir de problème particulier puisqu’on est retourné à la case de départ. Les choses restant en l’état. A chacun de tenter sa chance !

Autant le dire, quand on entre dans une profession, c’est pour y faire carrière. Si bien qu’on ne devrait pouvoir sauter des étapes parce qu’on a obtenu un quelconque diplôme extérieur au cours de sa carrière. Seul le concours professionnel devrait permettre à un agent d’avancer dans sa carrière, car il justifie sa compétence et surtout son expérience dans la profession.

De même, est-il aujourd’hui possible à un infirmier de postuler à un concours professionnel de l’Education nationale pour être conseiller pédagogique ? Pourquoi donc permettait-on aux enseignants par exemple de postuler à des concours de l’administration et de la magistrature alors que ces concours doivent être réservés aux administrateurs et magistrats ? Face à une telle situation, il apparaît de plus en plus urgent pour le gouvernement, notamment les ministères concernés, de mettre de l’ordre. Car, tout comme les concours directs de la Fonction publique, les concours professionnels ne doivent souffrir de manquements. Chacun devrait accepter de reconnaître sa place et ce qui lui revient. Il faut donner le maximum de chance à tous, surtout à ceux qui sont, non seulement les concernés, mais surtout les plus méritants.

Dans le cas présent, il faut effectivement éviter de faire comme dans cette fable du roi Salomon dans laquelle deux femmes se battaient pour un bébé. Face à leur intransigeance le roi a décidé de couper le bébé en deux. C’est après qu’on s’est rendu compte que la femme qui a accepté et soutenu cette idée n’était pas la vraie mère de l’enfant. A méditer sérieusement.

Dabaoué Audrianne KANI

 

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