Autant le dire… : Abel, quitte aussi le gouvernement…
« Au regard de ce qui précède, le BEN de l’UPR a pris la responsabilité de retirer le parti de l’AMP, afin de permettre aux militants et militantes de continuer à œuvrer pour la mise en œuvre du programme quinquennal du Président du Faso. Le parti continuera d’apporter son soutien de façon sincère, libre et responsable à la mise en œuvre du programme du Président du Faso pour un développement durable et un Burkina émergent tout en prenant ses distances avec l’égoïsme érigé en mode de gestion ».
Ainsi, l’Union pour le salut de la République, du ministre Toussaint Abel Coulibaly a quitté la mouvance présidentielle. Après un véritable réquisitoire qu’il dresse non seulement contre le parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) mais « in fine » contre la gestion du pouvoir par le président du Faso. Qui est en réalité le principal « manager » du CDP et de la majorité présidentielle dans laquelle se trouvait le parti d’Abel Coulibaly. Aussi, pour être logique avec lui-même et en conformité avec sa conscience, le ministre délégué chargé des collectivités territoriales qu’est Toussaint Abel Coulibaly se devait aussi de quitter le gouvernement. Puisque c’est au nom de la majorité présidentielle qu’il a quittée qu’il se trouve dans le gouvernement. Ce serait plus cohérent.
O peut effectivement comprendre la décision, somme toute courageuse d’Abel Coulibaly et de son parti de quitter la mouvance présidentielle qui lui a réussi et qui lui a tout donné également. Et au nom de laquelle, il s’est toujours battu. Parfois au risque de perdre de sa propre crédibilité politique. Et c’est sans doute dans cette même logique politique qu’il a pris la décision de la quitter. Tout en portant contre le CDP, entre autres griefs, le fait que celui-ci s’accapare « de toutes les responsabilités et prérogatives au sein du regroupement ». « Après 7 ans de participation, l’UPR se voit contrainte de se retirer de cette alliance dont le fonctionnement antidémocratique ne permet pas à ses membres d’atteindre les objectifs pour lesquels le parti y a adhéré, à savoir, porter soutien au candidat de la majorité pour l’élection du Président du Faso, et l’accompagner pour la mise en œuvre de son programme ». On est à la fois heureux et scandalisé de comprendre que c’est après 7 ans dans ce « costume mouvancier » qu’Abel Coulibaly vient de comprendre qu’il n’y a pas de démocratie ; qu’on ne lui permet pas de soutenir comme il se doit le programme du président Compaoré. Est-il convaincu qu’en quittant la mouvance présidentielle il sera plus libre de le faire ? On peut bien en douter. Car le format dans lequel se trouve l’UPR est bien différent de celui de l’ADF/RDA qui, depuis le premier quinquennat de Blaise Compaoré, avait bien défini sa ligne. C’est dire que contrairement à ce qu’il écrit, l’UPR ne peut rester au gouvernement au nom de la mouvance présidentielle. Elle peut bien soutenir Blaise Compaoré, si elle le veut et réciproquement.
Dans une certaine mesure, on pourrait comprendre le message de l’UPR qui est de se démarquer carrément du CDP à l’approche des élections municipales et législatives couplées. Qui sont d’un enjeu capital pour sa survie politique. Puisqu’il sait très bien que la posture dans laquelle elle se trouve actuellement peut bien « l’embêter », le CDP pouvant lui porter ombrage. Dans tous les cas, Abel ne pourra y échapper. Sur quoi va-t-il fonder sa campagne, si ce n’est sur les résultats du programme du président Compaoré. Puisque qu’il soutient et participe activement à la mise en œuvre de ce programme-là. Il en est donc comptable, sur tous les plans. Tout comme le CDP et les autres partis de la mouvance. On est également bien heureux de comprendre que son parti est la troisième force politique du pays. Mais comment cela s’est-il passé ? Pourquoi d’ailleurs se retrouver dans une «alliance des partis et formations politiques de la mouvance présidentielle » alors qu’on est si fort ? Le débat n’est donc pas clos.
Dabaoué Audrianne KANI






