Autant le dire… : Que ce mois de février passe vite !!!
C’est au cours d’un mois de février, il y a un an, que survenaient les événements de Koudougou qui ont vite embrasé tout le pays. Et les conséquences, on les connaît. Jusqu’à nos jours, le pays porte encore les impacts des violentes manifestations qui ont eu lieu un peu partout. Heureusement, grâce à l’implication de tous, la situation s’est vite normalisée et est en train de prendre fin définitivement.
C’est encore au cours d’un mois de février, trois ans auparavant soit en 2008, qu’étaient nées les manifestations de la vie chère. Avec comme point départ Bobo-Dioulasso. Avec les conséquences qu’on a connues en son temps. Jusqu’à maintenant, la ville économique et culturelle porte les empreintes des violentes manifestations qui avaient fait de nombreux dégâts matériels. Voilà que nous sommes de nouveau en février et en 2012, à Tougan, des actes de vandalisme sont posés, avec des incendies de biens privés, dont le domicile de la député Saran Sérémé. S’il faut reconnaître le droit des manifestants à exprimer leur mécontentement par rapport à l’état d’une route par une marche, il faut tout de suite condamner les destructions systématiques de biens, qu’ils soient privés ou publics. En effet, on a tendance à croire que c’est une particularité burkinabè qui veut qu’à chaque manifestation, on casse, on brûle, et vandalise. Souvent par simple plaisir, pourrait-on dire. Partant de ce constat, il ne serait pas exagéré de demander aux organisateurs de ces marches de répondre publiquement de leurs actes. Car, il y a eu des casses. Tout comme cela a été le cas des pauvres policiers qui ont été condamnés suite à la mort de l’élève Justin Zongo à Koudougou. Il faut en arriver-là ! Tôt ou tard, car on ne peut pas continuer à tolérer cette autre forme d’impunité. Sinon, pour des raisons souvent d’intérêts personnels, des individus seront capables d’organiser des « loubards » auxquels ils donneront des moyens pour régler des comptes à d’autres. Imaginons un peu ce que seront les conséquences si dans un pays qui se veut de droit, de sécurité et d’expression libre, des individus en arrivent à se régler des comptes sans que l’Etat lui-même ne prenne ses responsabilités ?
La période électorale s’approchant, tous les moyens pourraient en effet être bons pour nuire à tel ou tel autre candidat potentiel. C’est sans doute de bonne guerre de chercher à « se positionner ». Mais, ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que les populations doivent être suffisamment conscientisées et formées sur leur rôle à la base. Elles ne doivent pas être des instruments à la solde d’individus qui veulent à tout prix parvenir à leurs fins. Effectivement, en quoi le domicile privé d’un député est-il lié à l’état du réseau routier dans une province ? Est-il du rôle d’un député de construire des routes ? La loi définit bien les rôles entre l’Exécutif et le Législatif. L’un, comme son nom l’indique, exécute le programme d’un président élu. En clair, il met en place la politique générale de développement du pays. L’autre est un « outil de législation » en ce sens qu’il vote les lois, consent l’impôt et contrôle l’action du premier. La député Saran Sérémé ne se bat-elle pas assez pour sa province ? Ceux qui la connaissent bien parlent de ses nombreuses actions de développement dans sa région.
Les organisateurs de la marche de Tougan pourraient parler d’éléments incontrôlés. Ce qui ne peut pas être un argument de défense valable. Car, quand on n’est pas sûr de maîtriser ou d’encadrer des « marcheurs », on organise autre chose. On a vu des syndicats refuser de marquer le 8 mai en 2011 par des marches parce que, bien sages et avertis, ils avaient compris que cela pouvait dégénérer. Tout le monde les a félicités pour cette prise de position. Dans tous les cas, le Sourou n’est pas la seule province où le réseau routier est dégradé. C’est une situation générale sur l’ensemble du territoire national. Et en marchant, en cassant et en brûlant, les marcheurs ont-ils réussi à arranger la situation ?
Il nous faut désormais nous résoudre à comprendre une fois pour toutes que nous ne pouvons pas continuer à détruire ce que nous avons nous-mêmes construit. Et que les préoccupations que nous posons ne peuvent avoir des solutions durables que dans la concertation, le dialogue, la tolérance, le respect de l’autre et de ses biens.
Dabaoué Audrianne KANI






