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Autant le dire… : Salia Sanou a pris ses responsabilités

« C’est malgré nous que nous faisons recours à la force pour faire partir les femmes qui ne veulent pas quitter Léguémalôgô ». Déclarait le maire de la commune Salia Sanou lors de la conférence de presse qu’il a organisée le mercredi 18 janvier 2012 pour donner la version officielle par rapport à cette question du marché des fruits et légumes, qu’une partie des femmes refusent d’intégrer pour des raisons qui leur sont propres. Ces femmes, qui sont allées s’installer sur la place « Wara-Wara », ont été contactées par la commune, les autorités coutumières et religieuses afin qu’elles libèrent cet autre endroit qui est à la fois un terrain de football, un lieu de culte, et qui abrite deux écoles primaires. Là encore, les désormais « femmes récalcitrantes » de Léguémalôgô ont refusé d’obtempérer. Pendant trois semaines, elles y ont installé leur marché.

On peut encore croire que « c’est malgré lui, que le maire de la commune a fait usage de la force » dans cette nuit de samedi à dimanche pour les déloger. Car, il ne peut en être autrement quand on voit les quantités de tomates, d’oignons, de choux, d’aubergines et autres qui ont été ramassées et envoyées à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso. Les prisonniers en tout cas auront pendant au moins une semaine, de quoi agrémenter leur plat quotidien. Hier à Dioulasso-bâ, les forces de l’ordre ont jeté des gaz lacrymogènes contre des jeunes et des femmes qui avaient décidé de faire des « casses ». Le hangar du chef de canton a été vandalisé, des chaises cassées, le portail forcé et le plafond endommagé. C’est à croire qu’elles ont travaillé à l’affrontement. Sinon, pourquoi avoir refusé toutes les propositions faites pour trouver une issue favorable à cette question ? Si c’est le cas, le maire aura raison d’avoir pris ses responsabilités dans ce cas précis.

En effet, en décidant de faire respecter son autorité et partant, celui de l’Etat, le maire de la commune de Bobo a été bien inspiré. Et cela est d’autant plus significatif qu’il s’agit de Dioulasso-bâ, de « ses parents » comme dirait l’autre. Et pour cause, si le maire de la commune devait recevoir un soutien, celui-ci devrait venir d’abord de « ses parents ». Malheureusement, on a eu l’impression que ceux-ci, en tout cas ces femmes de Léguémalôgô, n’ont pas voulu lui faciliter la tâche. Certaines croyant que « comme il s’agit de notre frère, on peut faire ce que nous voulons, c’est chez nous ».

A son investiture le samedi 23 juin 2006, Salia Sanou alors qu’il venait de prendre les rennes de la commune dans les conditions que tout le monde connaît disait ceci à ses frères et sœurs, ses pères et mères bobos  : « …Je voudrais interpeller l’ensemble des Bobos à la responsabilité... Dans la mesure où toute personne qui se tape la poitrine devant autrui a la bénédiction ancestrale ; C’est pourquoi je voudrais demander pardon aux Bobos de cesser les querelles intestines pour que Bobo puisse se développer…

Hier, Sya était une petite ville de grande renommée, aujourd’hui elle est vaste, mais non digne de son statut. Aussi, voudrais-je dire à tous, de nous aider, sans nous imposer quoi que ce soit. Bobo-Dioulasso étant une ville cosmopolite, les divisions ethniques doivent disparaître pour que la cité puisse se développer. J’en veux pour preuve le cas du maire sortant (NDLR : il s’agit de Célestin Koussoubé). Il n’était pas autochtone, mais ce qu’il a réalisé dans la cité est bien visible par tous. C’est pourquoi, je voudrais une fois de plus demander pardon à l’ensemble des Bobos afin qu’ils nous facilitent la tâche. Sinon, si nous entreprenons de réaliser un projet et qu’il y a des malentendus autour, nous allons démissionner ». Aujourd’hui, Salia n’est pas loin de la démission puisqu’il dit que si cette histoire de Léguémalôgô doit lui valoir son siège à la mairie de la commune, il est prêt. C’est dire qu’il est décidé à aller jusqu’au bout.

Dabaoué Audrianne KANI

 

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