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Autant le dire… : Enfin, la région de la Boucle du Mouhoun ?

L’Université de Dédougou est en construction. Les travaux de construction de la route Dédougou-Nouna-Djibasso-Frontière du Mali d’une longueur de 145 kilomètres ont été lancés la semaine dernière. Ils doivent être terminés dans 24 mois si les délais sont respectés. Dans la même semaine, la pose de la première pierre du complexe devant abriter l’Ecole nationale des enseignants du primaire (ENEP) de Dédougou a été effectuée. D’un coût de trois milliards, cette école qui doit former les formateurs des enfants en matière d’éducation est prévue pour être terminée en 2014. Pendant ce temps, la route Koudougou-Dédougou, un véritable chef-d’œuvre, est en train de finir.

En effet, en l’espace de quelques mois, la région de la Boucle du Mouhoun, qui se sentait à juste titre délaissée et/ou oubliée, est devenue l’attraction. Preuve que le « grenier du Burkina » est en train de retrouver sa véritable place. Quand bien même des efforts de réalisation d’autres infrastructures restent à faire. Comme la route Dédougou-Tougan-Ouahigouya, des infrastructures hydro-agricoles, de formation professionnelle pour les jeunes.

Les sages disent qu’en remerciant les cultivateurs pour le travail abattu, cela ne veut pas dire que qu’ils ont labouré tout le champ. Mais c’est pour reconnaître les efforts qu’ils ont faits, et les encourager à faire mieux au prochain passage. Autrement, il faut reconnaître au gouvernement et aux partenaires techniques et financiers du Burkina les efforts qu’ils sont en train de faire dans le cadre spécifique des pôles de croissance. Pour caricaturer, les pôles de croissance sont une politique du gouvernement qui consiste à créer dans chaque région du Burkina, en fonction de sa spécificité les conditions d’un développement endogène. Pour ce qui concerne la région de la Boucle du Mouhoun, naturellement, c’est autour de la production agricole que cela devrait en principe se faire.

Sur Dédougou, nous écrivions le 28 août dernier ce qui suit : « Dédougou, le grenier du Burkina », « Dédougou, la plus grande région du Burkina », « Dédougou, le bastion du coton burkinabè », « Dédougou, la région la plus peuplée du Burkina après Ouagadougou », etc. Malheureusement pour le visiteur qui arrive pour la première fois dans cette ville, rien de tout cela ne transparaît. Ni dans la physionomie de la ville, de la région, encore moins dans le comportement des Dédoulais.

D’abord dans la physionomie de la ville, l’une des plus vieilles du Burkina qui a un passé assez glorieux. La seule rue bitumée dans la ville de Dédougou l’est il y a seulement quelques années. Longue de deux ou trois kilomètres, elle débute au Nord, contourne le marché et prend fin juste après sur la route de Ouagadougou. La route de Bobo, la nationale n°10, qui a été la première bitumée connue des Dédoulais s’arrête juste au niveau du rond-point Nazi Boni. Ce qui a fait dire à un ressortissant de Dédougou qu’elle n’arrive pas à Dédougou. Ce qui n’est pas faux car en réalité, elle ne concerne pas les habitants de Dédougou, mais plutôt tous ceux qui viennent de Bobo-Dioulasso pour Dédougou. Puisque, si un Dédoulais veut l’emprunter, il faut nécessairement qu’il quitte sa ville pour une destination vers Bobo-Dioulasso. En d’autres termes, les Dédoulais n’ont connu le bitume, le vrai bitume qu’au début des années 2000 ».

Puis nous ajoutions ceci : « Quid des filles et fils de cette région ? Au lieu de se coaliser pour défendre les intérêts de leur région, ils passent le plus de temps à se jeter des peaux de banane. Alors que chacun a sa place dans une si grande région. Finalement, on a l’impression que tout ce qui fait de Dédougou une grande région, l’empêche d’être cette grande région dans la réalité.

Vivement qu’avec les travaux du Millenium Challenge Account dont la région va bénéficier, elle décolle effectivement pour mériter ses multiples appellations qui, pour le moment sont toutes flatteuses ».

Aujourd’hui, nous espérons qu’avec le début des réalisations en cours dans la région, ils prendront le temps de se comprendre pour enfin parler le même langage et soutenir véritablement ces actions. Au moins pour eux-mêmes d’abord et ensuite pour leurs parents.

Dabaoué Audrianne KANI



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