Autant le dire… : S’il vous plaît, réglez-nous définitivement cette affaire de gaz
Mon gaz est fini. En cette période de froid véritable, j’en ai besoin pour chauffer l’eau afin de pouvoir me rendre propre avant d’aller au boulot. Malheureusement, pour trouver une bouteille de gaz chargée en gaz, j’ai dû faire le tour de la ville. La petite quantité d’essence dont je disposais dans ma bécane n’a pas suffi. J’ai dû puiser dans mes imprévus pour payer du carburant et faire la ronde des stations d’essence et autres lieux de distribution de gaz.
Malheureusement pour moi, là où j’ai pu trouver du gaz, on refuse d’échanger ma bouteille. Pour la simple raison qu’elle n’est pas la marque de bouteille du distributeur. Naturellement, il a refusé de l’échanger. Mes supplications n’ont servi à rien. Et j’ai continué ma ronde à la recherche du gaz. Quand j’ai enfin trouvé du gaz chez mon « distributeur », c’est-à-dire celui qui distribue la marque de bouteille dont je dispose, j’ai fait le signe de croix.
Une fois de plus, malheur pour moi car une autre surprise m’attendait. Chez mon distributeur, on m’apprend que la bouteille de gaz que j’ai en ma disposition est trafiquée. Elle viendrait d’un pays voisin. Et pourtant, j’ai l’ai échangée pleine de gaz, le robinet scellé chez un distributeur que je connais bien. Je retourne chez lui. Mais il refuse de reconnaître la bouteille. Dans tous les cas, même s’il la reconnaissait, cela ne résoudrait pas tout de suite mon problème puisqu’il n’avait pas de gaz. J’ai dû me rendre dans les locaux d’une société de distribution de gaz, où la patronne m’a aidé en me remettant une bouteille de gaz de la marque de sa société. C’est après toute cette gymnastique que j’ai pu disposer de gaz, mais deux jours après. Pendant ce temps, c’est au charbon ou avec du bois qu’on chauffe l’eau pour se doucher. C’est avec les mêmes sources d’énergie que la bonne cuisine le repas pour la famille. Finalement je me suis demandé : mais au juste, qu’est-ce qui se passe dans ce secteur du gaz domestique ?
Voici un pays désertique où on fait la promotion du gaz domestique. L’Etat le subventionne en plus pour le rendre accessible aux ménages. Paradoxe, pour trouver du gaz, c’est la croix et la bannière. Qu’est-ce que cela veut bien dire ? Après avoir subventionné le gaz, l’Etat est-il incapable de le mettre en quantité à la disposition des populations ? Franchement, il y a des choses qui fâchent tellement elles dépassent l’entendement. Si les sociétés chargées de la distribution du gaz ne sont pas capables de mettre le gaz à la disposition des populations, que l’Etat prenne toutes ses responsabilités.
Les Burkinabè, des villes et des campagnes, ont compris l’utilité du gaz domestique. Ils ont compris que non seulement c’est un moyen de lutte contre la coupe du bois, donc la désertification, mais que c’est surtout une source d’énergie dont on peut disposer rapidement pour ses besoins. C’est pourquoi, ils ont adhéré massivement à son utilisation. Maintenant qu’il est devenu rare, voire introuvable sur le marché, c’est à juste titre qu’on se demande à quoi donc répond cette politique de subvention du gaz.
Si les bouteilles fraudées arrivent de pays voisins pour inonder le marché, c’est bien la faute du gouvernement. Qui protège les frontières du pays ? Ensuite, si les distributeurs de gaz refusent l’interchangeabilité des bouteilles entre eux pour des raisons de concurrence ou de rivalité, c’est au même gouvernement de mettre de l’ordre dans le secteur. L’objectif ici est de protéger le consommateur contre les abus des distributeurs. Qui, visiblement n’ont d’yeux que pour leurs avantages : se faire du fric sur le dos du consommateur. N’est-ce pas vrai que malgré la subvention, on a vendu du gaz ici au Faso plus cher que son prix marqué et connu de tous ? Sans que rien ne se passe ?
Dabaoué Audrianne KANI






