Autant le dire…. : Affaire Guiro : le ministre de l’Economie et des Finances doit-il démissionner ?
L’affaire Guiro Ousmane, pour parler de ses cantines de 2 milliards de F CFA et ses objets de valeur va continuer pendant longtemps d’alimenter la chronique. Parce que, véritablement, elle dépasse l’entendement des personnes raisonnables. Comment, un seul individu, en tout cas pour l’instant, a-t-il pu amasser autant d’argent liquide pour ensuite l’entreposer dans des cantines dans un domicile à la portée de jeunes qui s’en servaient comme de petits pains ? C’est pourquoi, il faut être d’accord avec le Premier ministre quand il dit que « nous allons être sévères ». Guiro, par cet acte, a naturellement donné raison à ceux qui parlent de malgouvernance au Burkina Faso. Mais est-ce pour autant que son ministre de tutelle, Lucien Marie Noël Bembamba doit-il rendre le tablier ? L’adage dit que qui s’excuse ou se défend s’accuse. Aussi, si le ministre de l’Economie et des Finances démissionne, c’est qu’il a quelque chose à voir avec cette affaire. En ce moment, il devra répondre. Puisqu’il aura confirmé la malgouvernance au Burkina Faso. Et en même temps annihilé tous les efforts faits jusqu’ici par le gouvernement, dont il est partie prenante pour non seulement lutter contre ces phénomènes dont on accuse Guiro (corruption, enrichissement illicite, détournement de deniers publics, concussion), mais également pour redresser l’économie nationale et l’adapter aux exigences nationales, régionales et mondiales.
En effet, Lucien Marie Noël Bembamba, depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Economie et des Finances, fait des efforts considérables pour assainir les finances publiques afin de répondre aux préoccupations des Burkinabè. Quand bien même beaucoup d’autres efforts restent à faire. D’importants chantiers et projets tels que le Projet d’appui aux réformes économiques et financières avec le concours financier du gouvernement français (PAREF), l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), la Stratégie de croissance accélérée et de développement (SCAD), le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP), la Stratégie de renforcement des publiques (SRFP), sont des initiatives pour reconnaître à cet économiste compétent son engagement pour son pays.
On se rappelle qu’au cours de l’année 2011, avec la destruction de biens publics et privés suite à la crise que le pays a connu, malgré le ralentissement économique, il a su avec ses techniciens réajuster rapidement son Budget pour faire face à des indemnisations et reconstruction de certaines infrastructures de souveraineté. On sait également que lorsque la production céréalière nationale a été déclarée déficitaire, il a tout de suite compris qu’il faut trouver de l’argent pour faire face aux besoins alimentaires des Burkinabè. Plus de 80 milliards de F CFA, c’est la somme qu’il doit trouver pour cela. C’est encore lui qui se bat à chaque fin de mois pour trouver les milliards de F CFA indispensables à la paie des agents de l’Etat en même temps qu’il doit honorer les dettes extérieure et intérieure, et rendre le service qu’il faut aux Burkinabè. Il est presqu’évident que s’il savait que l’ex-DG des douanes détenait autant de liquidités, il devrait être le premier à le dénoncer ou à l’enjoindre de reverser ces sommes au Trésor public.
En effet, Lucien Marie Noël Bembamba, a été nommé ministre de l’Economie et des Finances le 3 septembre 2008 à la suite de la composition du gouvernement. Auparavant, il était ministre délégué chargé du Budget (juin 2007 à septembre 2008). Mais avant d’accéder à cette responsabilité, il a été le Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique de 1993 à juin 2007.
Cadre de banque, Lucien Marie Noël entre en activité en 1982 au siège de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à Dakar au Sénégal où il servira respectivement à la Direction centrale du crédit de 1982 à 1991 puis à la Direction centrale des relations internationales de 1991 à 1993. C’est en 1993 que son pays lui fait appel pour diriger la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique. Depuis quatre ans, il sacrifie à la tradition qui veut que «les citoyens, à la fois contribuables et usagers des services publics, doivent être clairement, régulièrement et complètement informés de tout ce qui concerne la gestion des fonds publics…».
Plutôt donc que de « jeter le bébé avec l’eau du bain », il nous faut tous ensemble nous liguer sérieusement contre les mauvaises pratiques dans notre administration dont nous sommes tous, pour l’instant responsables. N’est-il pas vrai que ce sont des gens, voire des Burkinabè, qui ont contribué à ce que Guiro Ousmane ait autant d’argent liquide par dévers lui ?
Dabaoué Audrianne KANI






