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Autant le dire… : Civisme, tolérance, dignité,…

Dimanche en fin de journée. Les rues sont pratiquement vides de monde. Comme d’habitude. La circulation est donc fluide, très fluide, peut-on dire. Est-ce une raison pour ne pas respecter les feux tricolores et les stops ? Je ne crois pas. Ce jour donc, le spectacle est inquiétant. A un premier feu, à la descente d’un pont, je marque l’arrêt puisque le feu est rouge. Pendant que quelques autres usagers et moi sommes arrêtés, au moins deux autres usagers sont arrivés et sont passés comme si de rien n’était. Nous nous sommes regardés entre usagers au stop sans nous parler. Mais le langage était suffisamment clair. Dès que le feu est passé au vert, nous sommes partis chacun selon sa destination.

Au feu suivant, j’ai encore marqué l’arrêt. Ma surprise sera encore plus grande lorsque, pendant les quelques trente à quarante secondes que dure un feu tricolore pour passer du rouge au vert, au moins la moitié de usagers qui sont arrivés n’ont pas respecté le feu. Je me suis finalement demandé s’il s’agissait d’un « boycott général » des feux tricolores dans la ville. Néanmoins, je me suis abstenu croyant le contraire. Car je ne voulais pas croire qu’il s’agit de cela. Mais au feu suivant, le troisième depuis mon point de départ, je constate que le spectacle est le même. A peine les usagers qui arrivent se rendent-ils compte qu’il s’agit d’un feu tricolore. Mais comme c’était un dimanche, je me suis dit que ceci expliquerait cela. Mais le lendemain lundi, j’ai identifié une dame dans une voiture non encore immatriculée, depuis la place de la Femme à Bobo, jusqu’à la station d’essence Faidherbe. Tous les feux qui se sont dressés devant elle en ont eu pour leur compte. J’ai réalisé alors qu’elle était en retard sur son lieu de travail, une prestigieuse institution bancaire. Cela suffisait-il à « brûler » tous les feux, même devant le lycée Ouezzin Coulibaly, à l’heure où les enfants rentraient dans les classes ? D’autres usagers comme elle ont fait de même. Puis, je me suis rendu compte que le civisme n’était pas passé par-là.

Nous sommes dans une banque de la place. En rang comme de jeunes écoliers attendant que le maître leur donne l’ordre d’entrer dans la salle de classe. Et ce depuis au moins quelques trente minutes. Chacun de nous regardait l’horloge qui ne cessait d’égrener les minutes et le boulot qui l’attendait alors qu’il perdait déjà du temps. Puis arrive un monsieur. Sans doute qu’il connaissait le guichetier. Ils se parlent rapidement et l’usager lui tend son chèque. Il le paie et il repart comme il est arrivé. Pendant que nous autres, sommes dans les rangs, indignés mais ne pouvant rien dire. Cette scène, je sais bien que beaucoup de personnes l’ont déjà vécue, que ce soit dans des banques, soit dans des services comme l’ONEA ou la SONABEL, ou même dans des pharmacies ou dans un centre de santé.

Il est lundi, 12 heures et demie et tout le monde rentre chez lui après une demie-journée de travail. A la sortie d’une école, des élèves attendent depuis une dizaine de minutes au bord de la chaussée. Sur le « passage à piétons ». Personne ne veut s’arrêter pour leur céder le passage. Un automobiliste qui connaît le sens du passage à piétons vient et s’arrête. Il autorise les enfants à passer. Tous ceux qui le suivent s’arrêtent. C’est ce moment précis qu’a choisi un motocycliste pour se faufiler entre les véhicules et les autres usagers et se retrouver au milieu des enfants qui traversaient, tout en les couvrant d’injures. Comme si c’est eux qui étaient en infraction. Heureusement, il n’y a pas eu d’accident. Puis je me suis rendu compte que quelqu’un en parlant de tolérance lors d’une émission radio disait ceci : « combien sommes-nous à céder le passage à un autre usager de la circulation afin de faciliter la circulation ? ». Quand vous faites une marche-arrière pour ceux qui possèdent un véhicule, vous verrez des usagers qui vous contournent dans les deux sens.

Finalement je me suis posé la question suivante : « à ce rythme-là, où allons-nous ? ». J’ose croire que les comportements vont changer, que les générations montantes vont s’apercevoir de nos erreurs et vont remettre les choses à leur place. Puisqu’il me semble que nous avons failli, nous.

Dabaoué Audrianne KANI

 

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