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Décès de l’artiste Georges Ouédraogo : Le « Gandaogo national » s’en est allé

La faucheuse a encore frappé le monde des artistes burkinabè. Georges Ouédraogo alias le Gandaogo national s’en est allé ce jeudi aux environs de 4 heures du matin à la clinique du Cœur.  Il tire donc sa révérence à l’âge de 65 ans et laisse derrière lui une veuve et deux enfants. L’Express du Faso en particulier et le monde des média en général, adressent leurs condoléances les plus attristées à la  famille éplorée.

Le monde musical national burkinabè pleure la disparition d’un « baobab ». Georges Ouédraogo, l’un des artistes pionniers par qui la musique burkinabè a commencé à s’exporter dans les années 1970. Un défi que Georges Ouédraogo a accepté relever et c’est ce qui lui a valu le surnom de « Gandaogo National ». Notons aussi que c’est en 1973 qu’il s’est révelé avec la création du groupe BOZAMBO de feu Djimi Yacinthe.

Georges Ouédraogo est le premier artiste à composer la musique en mooré avec le groupe le BOZAMBO. Soulignons que le Gandaogo national a opté pour la musique au détriment de l’école malgré l’insistance de ses parents notamment sa mère. Cette dernière va le confier à son oncle afin qu’il puisse apprendre un métier et en particulier, la menuiserie. Mais n’ayant d’yeux que pour la musique, il s’introduit rapidement dans le milieu de la musique après un retour dans les bars de Ouaga.

C’est là qu’il va se familiariser avec la Toumba. Le séjour du Gandaogo national lui permis de jouer avec l’orchestre d’Antonio et ses « Tcha Tcha Tcha Boys ». Après cette expérience dans la capitale politique et administrative du Burkina Faso, il rejoint la capitale économique Bobo-Dioulasso en 1965 où il s’intègre à l’orchestre « le Volta Jazz » comme tumbiste. Mais il va s’intéresser aussi entre temps à la batterie.

1967 est une date importante pour le Gandaogo national puisque c’est cette même année qu’il composa sa première chanson. Très confiant, il décide de rentrer en Côte d’Ivoire pour y poursuivre sa carrière. Au bord de la lagune ébrié, le Gandaogo national débute  au « quartier Latin » sous les conseils du trompettiste Fax Clark. Puis, il devient batteur et va monnayer ses talents avec les « Freemen » d’Abidjan qu’il quittera en 1971 pour le « New System ».

Rentré définitivement au pays dans les années de la Révolution, il va encadrer l’orchestre des jeunes pionniers « les petits chanteurs au poing levé ». Dans sa vie d’artiste musicien, Georges Ouédraogo a composé plusieurs tubes comme « Munafica », « Rosalie » et « Gnou Zemes ». Il a aussi réalisé des artistes comme Aïcha Koné, Tshala Muana, Mbilia Bel. Ce beau parcours et la richesse de sa musique lui ont valu le trophée de « meilleur artiste » au Kundé 2000.

Et selon les explications de son fils aîné, Athanase Ouédraogo, son père a fait des examens ces derniers jours. Ce mercredi 1er février, tout est allé vite, après un examen à la clinique Sandof, il fallait l’évacuer à la clinique du Cœur, mais hélas le Gandaogo national s’en est allé. Qu’il repose en paix.

Firmin OUATTARA