District sanitaire de Houndé : Vers la fin des campagnes chirurgicales belges avec Médecins sans vacances (MSV) ?
rappel historique
Débutées en 1999, les campagnes chirurgicales avec MSV sont à leur 26ème édition à Houndé et occupent une place importante dans les plans d’actions du district à savoir contribuer à réduire la prévalence des cas de maladies aiguës et chroniques.
D’une campagne annuelle au départ, elles sont passées à trois en 2011 témoignant de leur importance et de leur pertinence au sein de nos populations. Elles offrent donc à ce titre des interventions de toutes natures dans les domaines gynécologiques (fistule, prolapsus, fibrome, kyste…) et de chirurgie générale (fractures avec cals vicieux, goitre, cancer de sein, lipome prostate…).
C’est donc un grand soulagement qu’elles apportent à la population du district de façon spécifique et de tout le pays de façon générale, car les populations accourent de tous les coins du Burkina. La satisfaction se situe à tous les niveaux : elle est à la fois morale et économique, car les patients ne déboursent qu’environ 20 000 frs tout frais confondus (consultation, forfait opératoire, médicaments, hospitalisation, examens de labo)
Il va s’en dire que les missions de MSV revêtent non seulement un caractère socio-économique, mais aussi politique car étant un maillon de la coopération Burkina – Belgique.
Organisation des campagnes
A l’annonce de la date d’arrivée de MSV, un communiqué est fait par le Médecin – chef de district (MCD) sur la radio locale déterminant les pathologies qui feront l’objet d’intervention, la date du début et la durée de la campagne (généralement 10 jours), ainsi que les modalités financières. Ainsi, une liste est ouverte au CMA en chirurgie pour les inscriptions. Une réunion préparatoire est tenue par l’unité à l’orée de la campagne. Cette rencontre a pour but d’organiser efficacement la campagne, car c’est un moment d’intenses activités. Aux activités de routine (consultations programmes, urgences, gardes…), viennent s’ajouter celles de la campagne. Des équipes sont constituées de façon à faire face à toutes les situations. Une garde spéciale est instituée à cet effet. Tout le matériel technique est passé en maintenance et le lavage du bloc est fait au cas où il est jugé sale. Cette organisation est faite avec beaucoup de précautions, d’enthousiasme et de volonté. Le premier jour de la campagne est celui des consultations et des programmations. Les jours suivants sont ceux des interventions jusqu'à la fin du séjour. Chaque matin, la visite des opérés est faite avant d’entamer la suite des interventions qui peut aller de 8 heures à 22 heures quelques fois (en moyenne six malades par jour). On peut donc atteindre un total de 50 à 60 opérés selon la dextérité et la rapidité du chirurgien et de l’anesthésiste.
C’est toujours une satisfaction globale tant au niveau des patients, du personnel, de l’équipe belge, qu’au niveau des autorités politiques. Ceci est chaque fois d’ailleurs traduit par une cérémonie de remerciements et de reconnaissance organisée conjointement par le district et la mairie de Houndé. A cette occasion, les différents acteurs sont remerciés et cela constitue une source de motivation pour les agents qui pendant une dizaine de jours, abattent un dur et intense labeur. Du matin qu’ils quittent leur famille, ils ne retourneront que la nuit.
Pour celui qui connait un bloc opératoire, il sait qu’y travailler est harassant et stressant et que le seul remerciement ne peut satisfaire les acteurs. Dix ans de travail au bloc en dehors des campagnes, vous amortit.
Notons toutefois qu’on déplore malheureusement quelques décès de façon rarissime.
Lorsqu’un service fonctionne correctement, le premier bénéficiaire est bien le chef. En témoigne l’activisme que le MCD montre par rapport à la mise en état normal du matériel.
Au départ des campagnes en 1999, le personnel de la chirurgie qui était au nombre de quatre attachés de santé, se contentait de remerciements et de leur satisfaction morale en guise de motivation. Comme l’adage le dit : « autre temps, autres mœurs ».
Au fil du temps, le premier responsable a été sensible à l’effort que ces derniers fournissaient et a bien voulu servir un repas à midi, afin d’avoir de l’énergie pour pouvoir continuer la besogne
Ensuite, toujours dans le souci de motiver ces braves attachés, il leur a été accordé 15 % des recettes de la campagne. Mais à mesure que les campagnes gagnaient de l’ampleur, le personnel aussi croissait, si bien qu’à un certain moment, les 15 % se sont avérés insignifiants. Cet effort de gratifier le personnel fut l’œuvre du DR Korgo en premier ressort qui, il faut le reconnaître, fut un personnage de marque dans ce district. Ce dernier va quitter ce district en faveur de son admission pour un stage de spécialisation en santé publique ; ensuite de retour de la Belgique, il fut nommé respectivement SLM à Fada, DR au Sahel. Malheureusement, il fut rattrapé par l’histoire pour une affaire de crime économique sur un montant de 120 millions de francs. Tout s’est toujours bien déroulé avec le DR Sankara qui l’a remplacé et de 15 %, il a été consenti 30 % et enfin 50 % de rémunération qui fait l’objet de débats aujourd’hui.
Actuellement, le bloc compte 14 attachés de santé, 03 infirmiers au post-opéré, 02 garçons de salle et 02 femmes pour le nettoyage et la buanderie. Nul n’est mobilisé qu’autour de ses intérêts. Mais il faut reconnaître au DR Sankara un homme de parole et un fin manager en personnel ; des qualités ayant permis à bien d’égards de sauver et de conduire avec brio les campagnes de son mandat. Aussi avec la nomination du DR Ouédraogo Thomas comme MCD avec l’admission du DR Sankara à la spécialisation gynécologique, les problèmes ont commencé comme s’ils étaient aux aguets et ceci, dans l’ensemble du district. (Frustration des agents par des affectations arbitraires dénoncées a tout bout de champ par la section SYNTSHA , panne incessante du matériel de travail , rupture fréquente de consommables et fournitures de bureau, rupture fréquente de réactifs au labo, panne de la pompe d’eau occasionnant des dépenses faramineuses de millions de francs, opacité dans la gestion des SONU et financière, pannes d’ambulance…), et bien entendu des difficultés dans la motivation des agents du bloc après les campagnes. Il faut dire que cette motivation est légale et ne saurait souffrir d’aucun débat par rapport à d’autres activités similaires qui se mènent dans le même district. En dehors des gardes qui sont faites pour les cas d’urgence, des malades programmés ne sauraient être pris en charge en dehors des heures ouvrables. Alors qu’ici c’est le cas ; d’où la légalité de cette motivation.
Quelques faits
- Un spécialiste vient toutes les deux semaines mener des séances d’échographie.
Pour un examen dont le coût est de 8 000 frs, l’intéressé est payé 5 000 frs et 3 000frs reviennent au CMA. A ce sujet, il est dit qu’il existe un contrat entre le CMA et le spécialiste.
- Toutes les activités de l’ECD (contrôle, supervision, monitoring) donnent lieu à des prises en charge. Pour des activités qui rentrent en droite ligne des attributions d’une équipe cadre, il n’y a pas de prise en charge. Pour ces activités, la prise en charge va de 3 000frs à 10 000frs.
- La campagne est financée à hauteur d’un million par Medicus Mundi de source émanant du plan d’action 2011 du district.
- Des campagnes chirurgicales de même nature sont organisées dans d’autres régions avec prise en charge journalière des agents.
- MSV a mis fin à ses campagnes dans certains districts pour des raisons de motivation du personnel.
A sa prise de fonction, le DR Ouédraogo tentera à deux reprises de supprimer les 50 % au lieu de travailler à les améliorer. Une première fois, il réussit son coup avec la complicité d’un adjoint des cadres hospitaliers sous prétexte que les recettes de la campagne ont été englouties par la restauration et même un manque à gagner de 32 300 frs restait à rechercher tout en oubliant qu’ils avaient commis la monumentale malversation de facturer les vivres sortis du magasin du CMA acquis sur les crédits délégués de l’Etat. De façon sage, les agents ont renoncé au 50 %. La campagne qui a suivi, a fait l’objet de menaces de boycott de la campagne, et le MCD céda. Le personnel perçut donc cette motivation de 50 %.
Ensuite, ce fut une période faste car la crise que le pays a traversée, a empêché les étrangers de franchir notre territoire. La crise passée, il y eut la 25ème campagne du 08 octobre au 21 octobre 2011qui à sa fin, donna naissance à la crise la plus grave dans l’histoire des campagnes chirurgicales du district.
En effet, au terme de cette campagne, 104 malades ont été consultés dont 54 opérés à la satisfaction générale. Mais lorsqu’il s’est agi de payer les 50 % des recettes, le MCD prendra un virage à 120° et pour cause dit il :
1- Les 50 % sont illégales, ce qu’on a ignoré pendant 12 ans.
2- Tout le personnel du CMA doit en bénéficier. Là, le MCD a voulu embarquer le SYNTSHA qui avait vivement protesté par rapport à la maigreur des ristournes trimestrielles qui se traduisait par un mauvais calcul des recettes trimestrielles du CMA.
3- Les contrôleurs du Trésor ont interdit les dites ristournes.
Tout le monde s’est indigné par rapport à cet état de fait car même si les raisons avancées tenaient, ce n’était pas après l’activité qu’il fallait les communiquer ; et certains de qualifier le MCD comme étant Gbagbo. Ils ont du même coup jeté des inquiétudes sur les campagnes futures. Le MCD reconnut le déficit de communication de sa part, promit de payer les 50 % cette fois-ci et pour la dernière fois. Ce qui suscita une vive tension dans un CMA déjà en proie à d’éventuels mouvements.
Des rencontres, il y en a eu, mais aucune ne permit de trouver un consensus sauf celle où le déficit de communication a été reconnu par le MCD ; son staff financier l’a soutenu dans sa position de ne plus octroyer les 50 % car autorisés par aucune loi ; les agents aussi ont signifié qu’ils ne travailleront qu’aux heures ouvrables sans pause café et repas, et ne participeront pas à la réception pour le départ de la mission.
C’est donc sur fond de grogne qu’a débuté la fameuse campagne nouvelle formule, la 26ème ce lundi 21 novembre pour se terminer le 03 décembre 2011. Ce qu’il faut retenir, c’est :
- Une mauvaise volonté affichée du MCD et de son gestionnaire de créer un climat serein de travail malgré la bonne volonté des agents.
- Quelle est la destination du million que finance Medicus Mundi par campagne.
- Un climat délétère de travail entre le MCD et son gestionnaire d’une part, et d’autre avec le personnel du bloc qui à leurs yeux est assimilable à Gbagbo, car il passe son temps à rouler les siens dans la farine. Jugez-en vous-même.
Après les tractations, le MCD a promis et s’est engagé à verser les 50 % de la dernière campagne. Parole d’un responsable. Mais en dernier ressort, son gestionnaire lui aurait brandi un ordre de réquisition qu’il devrait signer avant tout déblocage de fonds. Un acte d’une extrême gravité qui faisait transpirer à grosses gouttes sous son climatiseur le MCD qui a pris conscience qu’au cas où il y aurait problème, son salaire serait réquisitionné pour le remboursement de la dite somme. Il a fallu la sagesse et la grandeur des éléments du bloc pour arrêter ce processus qui venait à point nommé, tirer monsieur GBAGBO d’un éventuel pétrin.
- Malgré leur refus de se restaurer au cours de la campagne, un chèque a été touché et remis à la cuisinière à cet effet.
- Voyez à quel point, appliquer à l’aveuglette les textes, peut conduire.
Cet écrit lève un tout petit peu le voile sur une facette des maux qui minent ce district qui jadis fut l’un des meilleurs du pays. D’autres faits saillants feront l’objet d’autres écrits d’ici là. Des murmures au sujet d’un chantier de réfection de bâtiment en chirurgie se font entendre. Lorsqu’une situation est confuse, personne ne tire profit et l’arbitrage revient au public.
Le serein





