Affaire « Léguémalôgô » : Le gouvernement à l’écoute des femmes révoltées
Le mercredi 1er février 2012, une délégation gouvernementale a rencontré les femmes de l’ex-marché, « Léguémalôgô » qui ne veulent pas rejoindre le nouveau marché des légumes et fruits. La rencontre a eu lieu au gouvernorat de la région des Hauts-Bassins.
«Nous avons été instruits par Son excellence, monsieur le Premier ministre, pour venir encourager tous les acteurs qui ont engagé des concertations pour résoudre cette affaire dite de « Léguémalôgô ». « Nous sommes là également pour écouter les femmes qui refusent de rejoindre le nouveau site, afin de comprendre les raisons de leur refus et voir dans quelle mesure nous pouvons satisfaire leur préoccupation… ». C’est en substance en ces termes que le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité, Jérôme Bougouma a introduit la rencontre avec des femmes de l’ex-Léguémalôgô. Il faut préciser que bien avant l’intervention du ministre, le maire de la commune, El hadj Salia Sanou a fait un bref historique du marché dont le déguerpissement a fait des révoltées. De son explication, il ressort que le marché a été construit en 1995 par le maire Alfred Sanou. Le développement de la commune et l’emplacement du marché ont obligé les autorités communales à envisager son déplacement pour un autre site. Une opération que le maire Célestin B. Koussoubé n’a pas pu réaliser par manque de site approprié. Avec la réalisation d’une infrastructure spécifique, l’autorité communale a pris la décision de résoudre une bonne fois, le déplacement du marché. Une action mal appréciée par certaines femmes, car elles pensent qu’elle n’a pas été prise selon des normes. C’est ce qu’elles ont transmis au ministre, tout en culpabilisant le maire Salia Sanou et le chef de canton de Bobo, de n’avoir pas joué leur rôle. Autrement, elles trouvent que seule une partie des vendeuses a été considérée dans le processus de déguerpissement du marché. Le ministre Bougouma qui a présidé la rencontre en compagnie de son collègue Soungalo Apollinaire Ouattara de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, a laissé les femmes exprimer leur préoccupation. Selon la porte-parole des femmes, Djénéba Sanou, la seule chose qu’elles demandent au gouvernement, c’est de leur trouver un site autre que le marché nouvellement construit. Car «nous n’avons pas des hangars là-bas», a-t-elle précisé. Elle a aussi interpellé les ministres pour qu’ils demandent au maire de leur restituer les marchandises ramassées de force à la place Wara-wara le dimanche 29 janvier 2012. Après avoir attentivement écouté les femmes révoltées, le ministre Bougouma a suspendu la rencontre pour s’entretenir avec les autorités locales, afin de trouver un site provisoire pour les femmes. A leur retour dans la salle, le ministre et son équipe ont proposé un espace dans l’arrondissement de Dô, plus précisément le marché dit de poisson. Une proposition acceptée par les femmes qui ont salué la démarche de la délégation gouvernementale. Juste après la rencontre, le site a été présenté aux femmes. Et la décision a été prise par le ministre pour que le site soit nettoyé et électrifié. La délégation ministérielle s’est rendue ensuite sur le site du nouveau marché, où elle a encouragé les femmes qui ont accepté d’y déménager.






