Crise à l’UPB : L’ANEB durcit le ton contre les autorités
La crise à l’Université polytechnique de Bobo est toujours d’actualité. Le Comité exécutif de l’Association des étudiants du Burkina (ANEB) de Bobo a tenu à réaffirmer son engagement et sa détermination à maintenir leurs revendications au cours d’une conférence de presse le samedi 28 janvier 2012 à la Bourse du travail de Bobo-Dioulasso.
La conférence de presse donnée par le Comité exécutif de l’ANEB-Bobo, a pour objectif d’interpeller la présidence de l’Université et les autorités du pays sur la situation qui prévaut au sein de l’UPB. On se rappelle que cette crise a débuté par des questions de transport des étudiants. En outre, il y a d’autres points de revendication que les étudiants ont posés, car ils les jugent « légitimes ». Selon le Comité exécutif, les problèmes que vit l’université, datent de 2009 et ont été soumis à la présidence de l’université et aux autorités du pays, mais il n’y a jamais eu de suite. En effet, suite à la crise du transport, une rencontre tripartite a été initiée (présidence, CROUB et étudiants) sous la présidence du gouverneur des Hauts-Bassins le 23 janvier 2012. Selon le SG de l’ANEB, le DR du CENOU aurait promis à la date du 24 janvier, une augmentation du nombre de bus de 8 à 13. Mais jusqu’à ce jour ce nombre peine à dépasser 10 bus.
La situation particulière de la crise à l’UPB se caractérise en effet selon l’ANEB Bobo, par « un manque criard d’infrastructures d’accueil adéquates dans tous les cinq instituts et écoles ». Certaines des conséquences sont par exemple le redoublement contraint des étudiants de l’INSSA de Bobo, le renvoi de 30 autres étudiants de l’Institut des sciences de la santé de Ouagadougou par faute de capacité d’accueil dans les centres hospitaliers. A Bobo, les étudiants sont obligés de « squatter » d’autres locaux pour prendre les cours et dans des conditions inadéquates comme au Stade Sangoulé Lamizana et au centre Trade. Au Restaurant universitaire (RU), toujours selon l’ANEB, c’est la désolation car les capacités d’accueil sont limitées et la qualité des plats laisse à désirer. « A tout cela, soutient-on à l’ANEB, s’ajoute la mauvaise application du système LMD (Licence-Master-Doctorat) et le retard du paiement du Fond national pour l’éducation et la recherche (FONER) ».
Zanga Souleymane DAO
Encadré
Ce que veut l’ANEB
Réunis en Assemblée générale le 20 janvier dernier, l’ANEB a adopté les positions ci-dessous :
-L’arrêt de la privatisation de l’UPB, à partir de cette année académique 2011-2012 ; les étudiants exigent que les nationaux s’inscrivent aux mêmes frais à savoir 15 000 F CFA et paient la carte CENOU à 100 F CFA
-L’augmentation des capacités d’accueil de l’UPB, l’achèvement de la construction du site de l’INSSA, la construction d’un Centre hospitalier universitaire, d’amphithéâtres et de salles de travaux dirigés et pratiques.
-La mise en place rapide d’une commission LMD regroupant tous les acteurs concernés pour réfléchir sur l’application de ce système.
-L’augmentation significative du nombre de cars pour que les 2300 étudiants soient transportés dans de bonnes conditions sans surcharges.
-L’augmentation conséquente de la capacité d’accueil du Restaurant universitaire de Nasso, du nombre de plats et l’amélioration de la qualité des repas tant à Nasso que dans la ville de Bobo
-L’arrêt des fermetures arbitraires de l’UPB, des suppressions unilatérales des prestations sociales du CENOU et le respect des franchises universitaires.






